Les chats sauvages, Marjo – Une analyse littéraire

Littéraire Déchu vous présente aujourd’hui, à la demande générale, son analyse littéraire du poème « Les chats sauvage » par la poétesse Marjolaine Morin, mieux connue sous son nom de troubadour: « Marjo. » On s’excuse à Marie-Chantal Toupin et aux ex membres du croupe Corbeau.

Les chats sauvages, l’analyse littéraire résumée en une phrase

« Une narratrice se fait passer pour une activiste pour le droit des animaux, mais dans le fond elle est en train de choker son mariage. »

On n’apprivoise pas les chats sauvages
Pas plus qu’on met en cage les oiseaux de la terre
Faut les laisser aller comme on les laisse venir au monde
Faut surtout les aimer, jamais chercher à les garder

La troubadour québécoise Marjolaine Morin, également connue sous le diminutif « Marjo » nous gâte tout d’abord d’une fine pointe de poésie grâce à l’emploi d’une rime batelée, c’est à dire une rime dont l’origine (sauvage, dans ce cas-ci) renvoie à l’hémistiche (grosso modo, la moitié d’un alexandrin, c’est pas tout à fait un alexandrin, mais on donne des points pour l’effort) du second vers (cage), dans ce cas-ci. Qui plus est, la prise au piège du mot « cage » en plein milieu du vers vient rejoindre la thématique d’emprisonnement et d’étouffement qui se dégage du poème – le mot, comme la narratrice, se sent coincé si on lui accorde pas sa pleine liberté. Grâce à cet effet de style manié avec autant de dextérité que la main qui assure la pérennité de sa tignasse blonde, Marjo établit très clairement le contexte qui servira à la lecture de ce poème: nous avons affaire à une parolière de qualité.

Au niveau de la thématique, le poème emprunte la forme du poème en prose, et les clés de lectures sont somme toutes assez simple: nous sommes très clairement en présence d’une narratrice militante, probablement activiste pour la PETA ou autre organisme de défense des animaux, qui, grâce à ses mots enflammés, interdit l’adoption d’animaux, plus particulièrement les chats, autruches, manchots, poules et emeus (qui sont des oiseaux de la terre, c’est à dire des oiseaux qui ne volent pas). Nous l’imaginons à la tête d’un royaume sylvicole où elle laisse vivre en paix toutes les créatures qu’elle sauve du joug meurtrier des humains. 

Le vers « Faut les laisser aller comme on les laisse venir au monde » nous porte à croire que la narratrice-militante enduit les animaux qu’elle sauve de sang et de placenta avant de les expulser de son vagin sylvicole qui aime sans toutefois garder.

Tout doucement je veux voyager hum
En te jasant d’amour et de liberté

Marjo dans un Boeing 737 en direction de Singapour qui chuchote des gentillesses à un manchot qu’elle amène loin des hommes.

On n’emprisonne pas les cœurs volages
Pas plus qu’on coupe les ailes aux oiseaux de la terre
Faut les laisser aller toujours sans chercher à comprendre
Ils marchent seuls et n’ont qu’un seul langage

Le premier vers nous renvoie à ce sentiment d’étouffement évoqué par la structure de la première strophe – la narratrice militante, par ce vers miroir du premier, nous ramène dans le vif du sujet: les ti-chats qui voudraient aller dehors mais que leurs gros maîtres veulent pas et leurs coupent les couilles et leur coupe les griffes. Le deuxième vers vient renforcer cette idée: de sa plume trempée dans le vitriol, la narratrice s’en prend ensuite aux propriétaires d’oiseaux (poulets, emeus, voir plus haut) qui coupent une certaine partie des ailes de leurs animaux pour les empêcher de voler. Dans les deux derniers vers de cette strophe, la narratrice-philosophe répond à la question qui hante l’esprit humain depuis la nuit des temps: 

Pourquoi le poulet a-t-il traversé la rue?

why-did-the-chicken-cross-the-road

Si l’on se fit à la réponse de la narratrice militante amoureuse des poulets, une seule option possible. Le poulet a traversé la route parce qu’il avait soif de liberté et de solitude.

Celui de l’amour celui de la vie hum
Ils chantent pour toi si t’en as envie

La narratrice, ici, affirme que les « oiseaux » de la terre, dont fait partie le poulet, ont comme langage celui « de l’amour et de la vie ». Nous l’imaginons danser la danse de l’amour et de la vie avec ses poulets à la manière des personnages de cette série culte des années 2000.

J’me sens un peu comme le chat sauvage
Et j’ai les ailes du cœur volage
J’veux pas qu’on m’apprivoise
J’veux pas non plus qu’on m’mette en cage
J’veux être aimée pour ce que j’ai à te donner

REVIREMENT DE SITUATION: par l’emploi d’un procédé unique et ingénieux que l’on appelle la personnification, nous réalisons que la narratrice-danseuse de l’amour poulet-militante PETA a prêté ses caractéristiques aux animaux qu’elle décrit depuis le début de la chanson. Tombé est le masque d’activiste à la défense des ti-minous et des ti-pitous, c’est plutôt d’elle dont il était question tout le long. Chez Littéraire Déchu, cette révélation nous a CRISSÉ en bas de notre chaise. Ce qui était perçu comme une soif de liberté n’était autre qu’une peur de l’engagement; ce qui était perçu comme militantisme et don de soi n’était qu’égoïsme; comme plusieurs grandes figures avant elle (Cléopâtre, Néron, Assurancetourix), la narratrice nous piège à s’émouvoir de son histoire pour ensuite habilement ramener cette émotion nouvellement ressentie à elle-même, dans une fine manipulation digne de n’importe quelle maman dans le temps des fêtes.

Nous imaginons donc la narratrice comme une mariée devant l’autel qui, ayant peur, s’enfuit telle une Julia Roberts des années 80, loin de la cage du mariage. Elle veut être aimée pour ce qu’elle a à donner, par opposition à être aimée… pour… ce qu’elle n’a pas… à donner… euh… CETTE CHANSON N’A AUCUN SENS, MARJO, AUCUN SENS.

Tout doucement je veux voyager hum
En te jasant d’amour et de liberté

Cette chanson elle est pour nous hum
Elle jase d’amour et de liberté


Publicités

Si vous avez quelque chose à rajouter...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s